CGf Carousel1 129.jpg
CGf Carousel1 123.jpg
5017_1.JPG

Lieutenant

Jean-Marc Granget

Enseigne du Contingent

Ancien Sgtm Sapeur

chef de détachement

L'histoire des SAPEURS
haches.png

Le Sapeur d’infanterie

Le Sapeur d'infanterie également nommé "Sapeur d'Infanterie des Grenadiers à pied de la Garde"

Origine

Bien avant l'épopée napoléonienne, c'est le fameux Maréchal Sébastien Le Prestre de Vauban (1633-1707), innovateur génial dans l'art de défendre et d'assiéger les places fortes, qui réclama la formation de la 1ère Compagnie de sapeurs dès 1668. D'abord ap- pelés « porte outils » ensuite « soldat porte hache », on en comptait 10 dans chaque compagnie de grenadiers. Dans les différentes campagnes menées par la France, contre l'Autriche entre autres en 1747, fut prouvée la nécessité d'avoir sous la main des spécialistes capables de frayer à l'infanterie un chemin à travers les obstacles dressés par l'ennemi. II y eut des sapeurs charpentiers, mais aussi des sapeurs tireurs qui, en avant-garde, protégeaient les travailleurs. C’étaient les « Compagnies du Génie » des régiments actuels et chaque peloton possédait son groupe de sapeurs. En 1767, les sapeurs furent autorisés à porter une coiffure particulière, sorte de bonnet à poils de grenadiers dépourvus de plaque et moins hauts.

Ainsi, et a contrario de ce que la croyance populaire laisse entendre à l'envi, le Sapeur d'Infanterie n'est pas un boucher, encore moins un exécuteur des basses œuvres sur les champs de bataille.

Missions du Sapeur

Ouvrir les voies d'accès pour les fantassins, détruire les pièges, fabriquer et poser des pièges, des obstacles à la marche des fantassins ennemis. De fait, les détachements de sapeurs partaient en mission bien avant l'aube, afin que les voies d'accès soient libérées lors du départ des fantassins, à pied, vers les champs de bataille.

Armement et équipement

À l'origine, les sapeurs d'infanterie portaient un armement identique à celui des fantassins, soit le fusil à pierre, la baïonnette et le sabre "briquet". Par la suite, ils furent délestés du fusil et du briquet, au profit d'armes / d'outils plus adaptés à leurs missions.

La hache du sapeur

Elle servait autrefois à briser les obstacles de bois dressés par l'ennemi. À l'origine, il en existait 6 à pics et 7 à marteaux. Les haches portées par nos sapeurs du contingent ont été forgées sur territoire cantonal, plus précisément à La Tour-de-Trême, par le forgeron-taillandier René Morand, aujourd'hui disparu. L'origine de leur forme particulière n'est pas déterminée, mais elle laisse penser qu'il s'agissait d'un outil aux formes destinées à favoriser entre autres les travaux de débardage.

Le glaive du sapeur

Arme de frappe, d'estoc et de coupe dont la lame à double tranchant, voire à un tranchant opposé à un autre en dents de scie, était beaucoup plus solide que celle du sabre briquet, lequel ne convenait évidemment pas aux missions de ces soldats d'élite.

Nos sapeurs portent des glaives antiques, datant de l'époque Second Empire (1852- 1870), portant pommeau dit à "Tête de coq chantant", alors que les mêmes glaives, fabriqués durant la période du Premier Empire (1804-1815) portaient un pommeau à tête d'aigle. La lame est de type à double tranchant, sans dents de scie.

Tablier de cuir

Élément le plus typique, souvent appelé́ "Tablier de sapeur". Il s'agissait d'un long tablier de peau, à l'origine de couleur fauve, qui pouvait se retrousser au moyen d'une agrafe. Le tablier avait initialement pour fonction de protéger les sapeurs des éclats de bois et de limiter les risques d'éventration sur les obstacles en cas de chute.

Les sapeurs n'ont d'abord existé qu'en temps de guerre, mais en 1780, on décida de les maintenir en temps de paix. D'abord de cuir fauve, puis noir, le tablier est devenu blanc. Les manches de la veste portent un insigne particulier formé de 2 haches en sautoir.

Nous trouvons peut-être dans les informations suivantes une des raisons pour lesquelles beaucoup pensent que le Sapeur est un boucher : En effet, de nombreuses spécialités lyonnaises sont à base de viande de porc ou de bœuf, y compris leurs abats et en particulier les tripes. Parmi celles-ci, le "Gras-double", plat confectionné avec la membrane de la panse, l'une des quatre parties de l'estomac du bœuf. Le nom "Tablier de sapeur", originellement appelé "Tablier de Gnafron", proviendrait du Maréchal Boniface de Castellane (1788-1862), gouverneur militaire de Lyon sous Napoléon III (1808-1873). Ce fin gourmet et amateur de tripes dont le fameux "Gras-double" était un ancien sapeur du Génie. Dès lors, les sapeurs portant tablier de cuir, le rapprochement entre le maréchal, son tablier et son goût immodéré́ pour les tripes serait ainsi à l'origine de la croyance populaire.

Gants à crispin

Ces gants blancs à manchons de protection (les crispins) servaient à protéger les mains et poignets lors des travaux d'abattage.

L'insigne de manche

Porté sous l'insigne de grade, sur la manche droite, il représente deux haches croisées, emblème de la fonction, de couleurs variables en fonction des grades :

  • - Haches d'or sur fond uni noir pour les sous-officiers.

  • - Haches d'or sur fond noir liseré d'or pour les caporaux-chefs.

  • - Haches vertes sur fond noir liseré de vert pour les caporaux et légionnaires.

Bonnet à poil (ou oursin / ourson)


Sur le plan de l'uniformologie, le bonnet à poil n'est, en aucun cas une évolution du tri- corne, du schako ou encore du colback. On le voit apparaître au sein des Gardes Fran- çaises sous Louis XVI (1754-1793). Il existe encore sous le Second Empire (cf gravure montrant la Garde Impériale partant pour la Crimée). L'intérêt premier du bonnet à poil est de grandir la silhouette.
Aussi, à une époque où les beaux vêtements n'étaient pas à la portée de la majorité́ des gens, porter une coiffure chère (car la fourrure était chère) était un privilège supplémentaire qui montrait à tous que celui qui la portait était un soldat d'élite.

La barbe du sapeur

Comme les pionniers montaient à l'assaut en premier, leur espérance de vie était très faible. De ce fait, ils avaient le droit, lorsqu'ils partaient au combat, de ne pas se raser et revenaient barbus lorsqu'ils survivaient. Le port de la barbe est devenu obligatoire, à la Légion étrangère, en 1842.

Devise du sapeur

"Sapeur toujours devant, à la peine comme à l’honneur" tient son origine du siège et de la bataille victorieuse de Dantzig en 1807. Le 21 mai, après 68 jours de siège, le maréchal prussien Friedrich Adolf von Kalckreuth (1737-1818) demande à capituler. Quelques jours après, Napoléon Ier (1769-1821) félicite les sapeurs du génie en ces termes "Vous vous êtes couverts de gloire pour votre empereur et pour les mérites de votre arme", dit-il à l'adresse des sapeurs du 4ème bataillon du génie, et s’adressant au maréchal François Joseph Lefebvre (1755-1820), il lui dit "Pour ma revue, je veux que vous placiez les bataillons du génie en tête des troupes et devant les drapeaux, et que l'on sache pourquoi je l'ordonne'':

''Les sapeurs marchent en tête à l'assaut, donc ils marcheront en tête à la ville''

Lieutenant Jean-Marc Granget

Enseigne du Contingent

Ancien Sgtm Sapeur chef de détachement

CGf Carousel1 9.jpg
CGf Carousel1 80.jpg